C'est comme si Sarko chantait l'internationale…

Eh oui, voir Val, patron de radio France, entériner le renvoi de deux humoristes cinglants et sanglants, me laisse pantois. C'est un peu comme si demain j'entendais notre vénérable et vénérés Sarko premier, chanter l'internationale. Et pourtant...

Je m'explique, dans les années 80, ado boutonneux et révolutionnaire, tant que pitance m'attendais à la maison — faut pas déconner non plus — j'écoutais ce qu'à l'époque nous pouvions encore appelé radio libre. Notamment, deux des plus  célèbres: Carbone 14 où officiait un certain Lafesse avec super Nana et 92 radio, dont une sympathique et déjantée émission nocturne animée par un certain Titi Wolf... 

Autant vous dire que tout cela était hautement subversif, l'argent n'ayant pas encore fait sa loi dans cette nouvelle liberté radiophonique. Chez elle nous entendions des trucs qui jamais n'auraient pu passer autre part, de jeunes comiques révolutionnaires, à moins que ce soit le contraire. Parmi eux, il y avait Fon et Val, duo issu de la pure tradition des chansonniers avec un petit côté anarchiste en plus. Tout ce qui représentait une institution, que ce soit les politiques, l'église ou la police en prenait largement pour leur grade. Alors, on aime ou l'on n’aime pas, mais le fait est là... 








Bref, un beau jour, un des deux a mal tourné et le duo se sépara... Quelques années après l'on peut dire que le deuxième aussi a mal tourné...

Val devint rédacteur en chef de Charlie Hebdo. Si au début tout avait l'air de bien se passer, il y eut l'affaire Siné. Val le licencia pour propos antisémite, version officielle. Personnellement je n’aime pas Siné, en tout cas le Siné sénile qui depuis pas mal de temps a viré vieux con, du genre, par principe, je suis contre tout et mon langage est outrancier pour que l'on cause de moi... 
Il est toujours difficile de prendre des décisions de ce type quand on a des responsabilités, et pour le coup je ne sais pas si elle était justifiée ou pas, n'ayant pas lu le papier en question.
 
Quelque temps plus tard, Val fait un fameux grand écart puisque du subversif Charlie hebdo, il passe directement à la présidence de Radio France ! Avouons que le pas est étonnant ! Le voila passé d'un journal ouvertement d'opposition, et de la plus virulente, voir la plus sympathiquement méchante, à un organe dont le principal actionnaire est justement ceux qu'il arrosait de fange dans ses éditoriaux !
Admettons que ce sont les compétences qui l'ai amené à ce poste en dehors de toute autre considération politique, je ne puis comprendre ni admettre qu'il acquiesce aujourd'hui sans mot dire aux licenciements de deux chroniqueurs — Vi autant je considère Guillon comme un excellent humoriste sur scène, autant là, j'avoue que j'ai du mal à lui mettre ce qualificatif — qui ne font guère plus que suivre la tradition que lui et son compère d'alors faisaient sur les planches de France et de Navarre en jetant leurs piques sur les puissants d'alors !
Pour être honnête, si je podcastais souvent les chroniques de Guillon, je ne connais pas du tout Monsieur Porte, mes écoutes radiophoniques se cantonnant à France Info et à FIP. Il n'empêche que je ne puis que regretter que le pouvoir, la notoriété, et peut être aussi l'argent, vous pourris autant un Val. Certes en vieillissant l'on change, mais là c'est carrément de la trahison à sa jeunesse !
Monsieur Val, pour être en accord avec ce que vous avez toujours défendu, vous auriez dû avoir le courage de démissionner, ni plus ni moins...
La dernière chose que je regrette, c'est qu'au vu de tous les boucliers levés, aucun journaliste n'est encore posé à Val de question faisant le parallèle entre sa carrière d'antan et ceux qu'il vient de laisser virer. Je serais curieux d'avoir sa réponse !
Monsieur Val vous m'avez beaucoup déçu, mais je suppose que l'indignation de beaucoup, au nom d'une certaine liberté d'expression dont vous avez largement profité à une époque, n'est rien à côté des de la gloire et de la pseudo puissance que vous apporte votre poste actuel...

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